Il était une fois un éditeur et un réseau social.

L’histoire commença sous les meilleurs auspices.

L’éditeur créa une page toute bleue pour son journal en ligne. Il s’empressa d’ajouter un petit logo sur son site web et d’inviter tous ses lecteurs à le suivre sur le grand réseau social, à « l’aimer » comme on disait alors. La relation était au beau fixe.

Au début l’éditeur était ravi, le réseau social lui amenait un paquet de visiteurs pour pas cher, c’était l’idylle d’une certaine viralité.

Mais après lui avoir offert quelques sachets de friandises, le vilain réseau social commença à demander à l’éditeur des sous sous pour conserver la sacro-sainte portée. L’éditeur ne pouvait pas se permettre de perdre ce trafic, bien trop précieux en période de vaches maigres au rayon audience. Donc il mit la main au portefeuille et sortit d’abord quelques pièces, puis quelques billets et enfin la carte bleue, de plus en plus Platinum.

Le réseau social proposa à l’éditeur de compenser sa baisse de portée organique et de gagner plus d’argent en apportant une meilleure expérience à ses utilisateurs: il devait simplement publier des articles, non pas sur son site web, mais sur la plateforme du réseau social, qui partagerait avec lui les revenus de la pub. Quelle belle promesse, irrésistible ! L’éditeur, à nouveau, s’exécuta. Il publia des tonnes d’articles qui générèrent un joli trafic sur le réseau social.
Mais bien vite l’éditeur se rendit compte qu’il ne gagnait sur ce format instantané que de tristes cacahuètes… Il fit donc machine arrière.

La portée organique continuait cependant de baisser…

Et le réseau social revint à la charge avec une proposition alléchante, complétée d’une subvention, modeste mais bienvenue: l’éditeur devrait désormais publier des vidéos, en direct ou en différé, de préférence carrées, de bonne qualité et sous-titrées. Ce pivot vidéo allait tout changer. L’éditeur trouva l’idée bien séduisante, se sépara de ses vieux rédacteurs qui ne savaient écrire que de longs articles ennuyeux et engagea une bande de jeunes qui avaient fait leurs armes sur un autre grand réseau avec une web série de blagues potaches. Mais bien vite le soufflé de la vidéo retomba et l’éditeur se sépara de sa bande de collégiens.

Et puis, un beau matin de janvier 2018, le réseau social fit savoir à l’éditeur que la priorité serait désormais accordée aux publications privées, plus aux médias professionnels que le réseau social avait baladés durant de longues années de propositions sirupeuses en pivots douteux.

L’expérimentation avait livré sa conclusion: le lecteur n’aimait pas les news, sauf peut-être les fausses. L’éditeur finit par comprendre que l’on n’était bien servi que par soi-même. Il décida de réinvestir dans son bon vieux site web, de l’animer de nouvelles rubriques, d’en revoir la narration et de lui associer une batterie de newsletters flambant neuves.

Et devinez quoi ? Le trafic fut de retour, comme en 2015. Les lecteurs s’abonnèrent en masse aux newsletters et les revenus reprirent le chemin de la croissance.

Quelques années plus tard, déserté par tous les confrères de l’éditeur et par la majorité des lecteurs, le réseau social fut mis en vente pour des clopinettes et racheté par une ancienne agence de presse soviétique. Il paraîtrait que le fondateur, toujours vêtu d’un hoodie, conseillerait aujourd’hui le fils d’un président déchu qui souhaiterait réitérer l’exploit d’un ancien magnat new yorkais de l’immobilier.

La roue tourne…

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