Vous l’avez peut-être lu dans la presse il y a quelques jours, Facebook teste pour l’instant sur certains marchés la séparation du flux d’informations en deux feeds distincts,l’un réservé aux publications privées, qui vous permet de suivre la vie trépidante de vos ami(e)s et de votre famille pimenté de pubs et l’autre consacré au reste des publications organiques, où l’on retrouve en vrac les posts des pages que vous suivez, qu’elles soient de nature commerciale ou éditoriale. Cette annonce a de quoi faire frémir les éditeurs, déjà échaudés par les multiples revirements imprévisibles de l’algorithme made in Menlo Park.

Le feed perso (« famille & amie(s) », ponctué d’annonces payantes) est dans ce test le flux par défaut, tandis que le feed public organique, sobrement intitulé le « feed d’exploration« , est relégué à plusieurs clicks / taps de l’écran d’accueil, rendant hautement improbable son… exploration. Un flux de deuxième zone en quelque sorte.

Le journaliste slovaque Filip Struhárik a partagé sur Medium des chiffres préoccupants relatifs à l’impact du test dans son pays. Les soixante principaux éditeurs slovaques ont enregistré depuis le début de l’expérience 4 fois moins d’interactions organiques qu’auparavant (likes, commentaires, partages). La tendance serait comparable sur deux autres marchés tests, le Guatemala et le Cambodge (le test est également déployé au Sri-Lanka, en Serbie et en Bolivie). Le reach « gratuit » serait donc en chute libre.

séparer les feeds facebook

Évolution des interactions organiques (extrait de l’article de Filip Struhárik).

Pour le bien de l’utilisateur ?

Comme à son habitude, Facebook justifie ses tests par un souci constant d’améliorer l’expérience de l’utilisateur (principalement à son avantage, bien entendu), sans nécessairement s’inquiéter de l’impact majeur d’une telle expérimentation sur les éditeurs qui lui ont accordé leur confiance (et ont déjà dépensé des sommes considérables pour amplifier leurs publications organiques). Facebook n’aurait à ce stade aucune intention d’élargir l’initiative, dont l’analyse pourrait prendre plusieurs mois. Mais le simple fait que l’expérience soit en cours laisse présager d’une issue à laquelle il faut se préparer.

Les plus gros éditeurs ne semblent pas avoir trop souffert en termes de trafic car ils jouissent d’une solide présence en ligne, d’un fidèle lectorat et distillent leur distribution via une variété de canaux. Mais les plus petits acteurs, biberonnés aux réseaux sociaux, ont plus de mal à accuser le choc. Et que dire de ceux qui, comme MinuteBuzz, ont choisi de tout miser sur le « social » ?..

Assurer ses arrières 

Nous avons déjà souvent abordé le risque que présente une dépendance excessive vis-à-vis d’une plateforme tierce, en l’occurence Facebook, sur laquelle un éditeur (ou tout autre business) n’a que peu voire pas d’emprise. Nous avons à maintes reprises souligné l’intérêt d’investir dans sa propre plateforme pour assurer ses arrières. Cette nouvelle annonce ne fait que confirmer cette recommandation. Et la newsletter, un format libre de toutes contraintes car fondé sur un protocole 100% ouvert (à la différence des applications de messagerie propriétaires), a plus que jamais sa place dans cette réflexion stratégique.

Optimisez les revenus

de votre newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir notre newsletter,
qui vous aidera à optimiser la vôtre.

Merci. Vous recevrez prochainement notre première newsletter.