Vous avez lu et relu toutes les annonces relatives aux bouleversements à répétition qui frappent le sacro-saint newsfeed de Facebook. Mais saviez-vous qu’une icône de l’édition a décidé de vivre sa vie en dehors des réseaux sociaux, comme pour prouver qu’il existait non seulement un monde avant l’apparition du grand géant bleu mais qu’il est encore possible de développer un média fort sans céder au chant des sirènes californiennes. Si vous avez déjà franchi le seuil d’une librairie londonienne ou que vous êtes un adepte du rayon Magazines Internationaux, vous avez sans doute déjà feuilleté l’excellent Monocle, un épais mensuel créé par celui qui fut jadis (1996) le fondateur du non moins légendaire Wallpaper, Tyler Brûlé.

Le rédacteur en chef de Monocle se dit fatigué par les appels incessants à l’interaction brandis par les community managers de tous poils. Il déteste aussi le flot souvent insipide de commentaires qui jonchent le pied des articles de blogs attrape-clics, ainsi que le défilé de nouvelles sans filtre qui se succèdent au bas des chaînes d’information continue. Par le format qu’il a choisi de défendre, le bon vieux magazine papier, Tyler Brûlé milite naturellement pour une information qui prend le temps de gagner en pertinence. Il est l’avocat par excellence du temps long devenu art de vivre.

Monocle adopta dès le départ une formule payante pour la consultation de son contenu numérique, alignée avec la distribution de son magazine papier. Le tarif est actuellement de £100 pour un an d’abonnement. Tyler Brûlé défend ce choix tout naturellement: « pourquoi produirions-nous toutes ces histoires en investissant dans notre travail éditorial pour ensuite frustrer notre fidèle lectorat en offrant tout cela gratuitement ? » Dans une autre interview, il déclarait, à juste titre, que « le fait d’être toujours disponible, que ce soit dans une relation amoureuse ou dans un rapport purement consumériste, n’est sans doute pas la meilleure idée qui soit ».

Les cafés Monocle, où l’on prend le temps de lire un magazine en sirotant un Latte, sont sa version IRL (in real life) du réseau social, fait d’interactions dépourvues de likes et l’emojis. Rétrograde ou avant-gardiste ? L’avenir nous le dira.

cafe monocole londres

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